La dispersion des cendres dans l’espace, est-ce vraiment le futur des pratiques funéraires ?

17-07-2019

De la poussière d’étoile, voilà une manière poétique de disperser les cendres d’un défunt. Si cette pratique iconoclaste surprend, d’autres préoccupations plus urgentes émergent. Focus.

En France, deux agences funéraires proposent de disperser les cendres de leurs clients dans l’espace ! Les cendres sont recueillies dans un ballon gonflé à l’hélium, qui va s’élever à hauteur de la stratosphère puis exploser grâce à la pression. Le ballon est entièrement biodégradable, donc ce dernier vol n’est pas nocif pour l’environnement. Pour les familles qui le souhaitent, il est même possible de suivre la montée au ciel de leur proche à l’aide d’une caméra embarquée sur le ballon. Seule une autorisation de la Direction Générale de l’Aviation Civile est nécessaire pour s’assurer de respecter les couloirs aériens.

Mais est-ce pour autant le futur de la dispersion des cendres ? Probablement pas. Les obsèques n’échappent pas aux mutations de notre société en proie à une révolution écologique et numérique. Ainsi, aux Etats-Unis, des voix s’élèvent et notamment celle du sénateur Jamie Pederson qui a proposé un projet de loi pour réduire l’impact environnemental de la mort. Il s’agit ainsi de légaliser l’humusation, des corps c’est à dire la métamorphose en un an du corps du défunt en humus sain et fertile. En effet, la traditionnelle inhumation est particulièrement nocive pour les sols. Compte tenu du manque de place dans les cimetière, on enterre généralement à près de 2 mètres de profondeur où il n’y a plus d’air pour permettre aux micro-organismes de recycler harmonieusement les restes humains. Il en découle notamment une production de cadavérine qui se retrouve par la suite dans nos nappes phréatiques. D’autres solutions pour l’industrie funéraire plus respectueuses de l’environnement apparaissent. En France par exemple, le traditionnel cercueil en bois est concurrencé par le cercueil en carton, moins cher et biodégradable.

Le numérique impacte aussi le monde funéraire. De nouvelles start-up se spécialisent par exemple dans la fermeture des comptes de réseaux sociaux des défunts. D’ailleurs, de plus en plus prennent leurs dispositions à ce sujet et couchent leurs volontés dans leur testament. Malgré tous ces changements, la tradition perdure : l’inhumation et la crémation restent les deux seules pratiques légales à ce jour en France.